Poursuivant
son inventaire de maisons d'architectes « à
prix de revient raisonnable »,
Olivier Darmon présente dans cet ouvrage vingt nouvelles
réalisations
démontrant que l'on peut construire mieux sans pour autant
restreindre cette perspective aux budgets (beaucoup) plus élevés.
On se prend une fois encore à rêver !
La
plupart des maisons que nous sommes invités à visiter sont à ossature
bois, ce type de structure faisant l'objet d'une fabrication en atelier
et diminuant ainsi le temps de chantier (les entreprises de second
oeuvre peuvent intervenir rapidement). Lorsque l'option structure
métallique a été retenue, elle procède du même principe et des mêmes
avantages.
Cette caractéristique commune mise à part, chaque maison
présente évidemment ses qualités spécifiques, compte tenu de
l'inspiration des différents architectes et des contraintes auxquelles
ils étaient liés.
La "Maison promise", par exemple, de Mickaël
Tanguy, est un parallélépipède bardé de contreplaqué et surmonté d'un
cube recouvert de plaques de fibres-ciment. Bâtie en bordure d'un
lotissement, elle est fermée côté rue, mais sa longue façade côté sud
est généreusement ouverte sur l'extérieur.
"Manifestement solaire",
de José Martins, est une construction bioclimatique. Conçue comme un
cube incliné vers le nord grâce à une toiture monopente, elle bénéficie
d'une grande façade côté sud, qui comporte 80 % des ouvertures de la
maison et 12 m² de panneaux solaires pour la production d'eau chaude et
le chauffage.
"Un Monde à part", d'Éric Lanusse, a été construite
sur un terrain très pentu, dans le parc régional des Landes.
L'architecte a donc eu recours à la technique des pilotis. En forme de
U, l'habitation est protégée du lotissement attenant et s'ouvre
largement sur une terrasse patio, espace extérieur autour duquel le
plan s'organise.
Et ainsi de suite... Ces diverses constructions ne
sont pas issues de plans sur catalogue ou de formules stéréotypées.
Créées et construites sur mesure, elles parviennent à s'extraire, le
cas échéant, du lotissement où elles sont implantées. Elles captent
généreusement la lumière tout en se protégeant efficacement des
vis-à-vis. Anticipant les éventuels besoins de leurs occupants, elles
intègrent souvent dans leurs plans une extension future. En outre,
certaines offrent de larges surfaces habitables malgré un budget de
construction limité.
Dans l'introduction de cet ouvrage, Olivier
Darmon revient sur un argumentaire qu'il développait déjà dans sa
première publication, sous forme de plaidoyer pro domo. Certes, les
prix annoncés (de 70 000 euros à 140 000 euros et au-delà) n'incluent
pas l'acquisition du terrain. Ils n'en sont pas moins révélateurs
qu'avoir recours aux services d'un architecte ne revient pas
nécessairement plus cher que de faire appel aux propositions sur
catalogue des constructeurs : « L'idée fausse de l'architecte
réservé aux plus fortunés d'entre nous se révèle si ancrée que son
engagement dans des projets plus modestes provoque parfois une
incrédulité mêlée de suspicion. » D'où le propos du présent recueil
: démontrer qu'avec des budgets similaires à ceux avancés par les
constructeurs, les architectes construisent « mieux », «
assurant une réflexion plus vive et témoignant d'une sensibilité plus
aiguisée face aux attentes des futurs habitants, d'une part, à l'égard
de l'environnement du bâtiment, d'autre part, son terrain et son
voisinage notamment ».
Voilà qui est dit ! Il est vraisemblable
que cette appréciation ne fera pas l'unanimité, mais elle a le mérite
d'être rappelée à bon escient. Et pourquoi pas de provoquer une
réflexion qui, n'en doutons pas, sera tout à l'honneur des Bâtisseurs,
de quelque profession qu'ils se réclament...
"Archi pas chère : 20 maisons d'aujourd'hui à 100 000 euros" – tome 2, d'Olivier Darmon, éditions Ouest-France, 2007, 142 pages.
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