La fumisterie : un travail de pros ! |
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| Écrit par mchartier | ||||||
| 25-09-2007 | ||||||
Alors que le mot « fumiste » est devenu progressivement synonyme de farceur, de joyeux luron, le « petit » métier qu’il représente fut longtemps indissociable de conditions de travail extrêmement pénibles.
La cheminée était autrefois le symbole du « foyer » familial ou, plus fondamentalement encore, de la vie. L’entretien de cette partie essentielle de l’habitation était donc indispensable. Les cheminées à large ouverture étaient munies d’un conduit à section rectangulaire et de bonnes dimensions. Elles étaient ramonées « de haut en bas », à l’aide d’un fagot attaché à une corde.
Travail harassant que celui-ci, réservé à des gamins d’une dizaine d’années ou moins. Équipé d’un pantalon muni d’une « culottière » et de genouillères, d’une veste aux coudes renforcés de cuir, d’un bonnet de laine et de sabots rudimentaires, le petit ramoneur grimpait dans la cheminée pour y détacher, à l’aide d’une raclette métallique, des blocs de suie et de goudron. Ceux-ci étaient ensuite recueillis et vendus à des métallurgistes pour l’affinage de l’acier.
L’évolution des mœurs et de la construction mettra un terme à cette page d’histoire de toute une profession. Les lois de 1872-74 vont tout d’abord interdire le travail des enfants de moins de douze ans. Puis l’obligation scolaire renverra, à partir de 1885, tous les petits Savoyards dans leurs villages d’origine où les conditions se sont progressivement améliorées. Eu outre, de très larges qu’elles étaient pour chauffer toute une famille et servir à la cuisson des repas, les cheminées commencent, à partir du milieu du XVIIè siècle, à prendre des dimensions plus petites. Elles seront ensuite complétées ou remplacées par des poêles en céramique ou en fonte qui diffusent mieux la chaleur. Finalement, on aboutira aux techniques que nous connaissons aujourd’hui : diversification des sources d’énergie, avec notamment l’utilisation du chauffage au fuel et au gaz ; introduction du chauffage central ; apparition des cheminées décoratives, des cheminées à foyer fermé, des inserts, des chaudières à haut rendement… Conséquence de cette évolution : la profession de fumiste a perdu peu à peu de sa spécificité, pour être reprise et partagée par les chauffagistes, les maçons, les plombiers, les ramoneurs et – il faut bien l’avouer – par certains « bricolos » qui se contentent souvent d’un peu de tout et de n’importe quoi sous prétexte d’ « entretenir » votre conduit de cheminée.
Et pourtant, le traditionnel métier de ramoneur fumiste pourrait être un métier d’avenir. En effet, la sécurité est le maître mot de cette compétence qui, pour sortir du flou technique et juridique dans lequel elle a été trop longtemps diluée, souhaite être reconnue comme telle, dans son irremplaçable spécificité. Un conduit de cheminée vit. Il peut donc être malade, s’encrasser, se modifier, se fissurer. Ses parois se recouvrent progressivement de suie, de goudron, de sels minéraux, d’acides… En période de non-fonctionnement, les oiseaux viennent y faire leur nid. D’où risque d’obturation ou de grave détérioration et, par voie de conséquence, risque d’intoxication par l’oxyde de carbone. Le véritable diagnostic, les essais d’étanchéité et les travaux d’entretien ne sont pas à la portée du simple « ramoneur » occasionnel. Soyons clairs ! Il ne suffit pas, à échéances plus ou moins rapprochées, de se rassurer en faisant effectuer ou en effectuant soi-même un nettoyage du conduit de cheminée à l’aide d’un hérisson fixé au bout d’une série de flexibles. Le ramonage – le vrai ! – a pour but de déceler et prévenir les maladies du conduit de fumée. Avec l’entretien régulier des appareils de combustion, il est obligatoire pour éviter les dangers d’intoxication, protéger les personnes et les biens contre l’incendie, lutter contre la pollution atmosphérique. Il doit être effectué une ou deux fois par an selon la nature des combustibles utilisés.
Le vrai ramonage est mécanique, c’est-à-dire avec passage répété d’un hérisson métallique « de haut en bas ».
Telles sont sommairement les qualifications des vrais professionnels du ramonage qui, pour le coup, entendent bien ne pas être qualifiés de « fumistes ». Et n’oublions pas que, dans l’imagerie populaire, le ramoneur fait figure de porte-bonheur. Sa fonction n’est-elle pas d’assurer la sécurité des particuliers et des familles ? Tel est bien le plus beau, le plus noble de ses titres. Renseignements complémentaires : - Union climatique de France : http://www.ucf.fr/ - Union nationale des chambres syndicales de couverture et de plomberie de France 7-9, rue la Pérouse, 75784 Paris cedex 16 Tél. : 01 40 69 53 07
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Souvent,
surtout à partir de la seconde moitié du XVIIIè siècle, ce travail des
« hirondelles d’hiver » était réservé à de jeunes garçons originaires
de la Maurienne, de la Tarentaise, du Piémont… Ils étaient engagés pour
monter dans les conduits de cheminée en s’arc-boutant des genoux et du
dos. Les patrons ramoneurs qui les embauchaient en les louant par
contrat verbal à leurs parents s’engageaient à leur assurer le gîte et
le couvert, à les habiller, à les envoyer à l’école (clause rarement
respectée !) et même à leur faire suivre la messe du dimanche. En
contrepartie, la famille recevait une maigre somme d’argent.
Parfois, d’autres travaux d’entretien ou de réparation se révèlent nécessaires : chemisage, tubage, cerclage…





